Lettres mortes



"Il y a des horreurs sans nom parce qu’elles sont sans image."

"There are nameless horrors because they are without image."

Suzanne Sontag

Sur un polyptique de sept photographies identiques, est superposé par la technique de la broderie sept courriers de Marie Jelen
Lettres mortes, vue de l'installation Le Belvédère, Uriage 2014
©1011

Lettres mortes, 7 photographies brodées, écriture in situ, 2011
 
Dead letters, 7 photographs embroidered, writing on the wall in situ, 2011

Première lettre de Marie

 

Sur un polyptique de 7 photographies identiques, j’ai superposé par la technique de la broderie 7 courriers de Marie Jelen

Marie, dont la famille est d'origine polonaise, habitait Paris, 58 rue de Meaux, dans le XIXe arrondissement. Son père était tailleur, dans une boutique qui fut fermée en raison du Statut des Juifs et des mesures d'aryanisation.
 

Marie et sa mère sont arrêtées le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vél'd'hiv et internées à Pithiviers le 19 juillet 1942. 

Elle écrit alors 7 lettres à son père Icek Jelen, alors transféré en camp forcé comme ouvrier agricole en Ardenne à Frenois. 

Marie Jelen fut déportée par le convoi n° 35, parti de Pithiviers le 21 septembre 1942. Elle a été gazée à Auschwitz le 23 septembre, à quelques jours de son onzième anniversaire.

 
La photographie utilisée.
 
  
La photographie utilisée, représentant des arbres en contrejour, provient de la série des 4 images réalisées clandestinement par un groupe des Sonderkommandos depuis l’intérieur d’une chambre à gaz du crématoire V de Birkenau à Auschwitz.

Le bout de pellicule fut extrait de l’appareil, ramené au camp central et sorti d’Auschwitz dans un tube de dentifrice où l’avait caché une employée à la cantine SS. Il parviendra le 4 septembre 1944 à la résistance polonaise de Cracovie.

Pendant longtemps, l’auteur de ces photos n’a pas été identifié. Par le croisement des témoignages, on suppose aujourd'hui qu'elles ont été prises par un Juif grec, nommé Alberto Errera (matricule 182.552), mort lors de son évasion en aout 1941.


 

Détail du verso d'une photographie brodée de la 5ème lettre de Marie
©1011
 

Recto de la photo avec les fils
©1011

 
 
 
 
 
 
 
La broderie reprend strictement l'écriture de Marie avec les hésitations ou les erreurs dans la graphie. Dans la première lettre, Estéra, la maman a écrit une phrase en yiddish.
 
La broderie est réalisée en noir et blanc, ton sur ton, de manière à ce que le texte puisse échapper à qui ne prendrait pas le temps de le déceler.   
 
 
 
 
 
 
Un Kaddish dédié à Marie est associé à l’œuvre. Il a été écrit par Albert Fachler.
 
Cette réalisation est en lien avec la série "Enfants de parents".

Vue partielle de l'installation, Uriage, Exposition Fragile, 2014 ©1011


Première lettre de Marie écrite sur le mur. Espace Larith, 2011 ©1011  

Sur un polyptique de sept photographies identiques, est superposé par la technique de la broderie sept courriers de Marie Jelen
Lettres mortes, réalisation de l'installation
©1011
 
Line 3 colonne 1Ligne 3 colonne 2
LES OUVRAGES ET SITES DE REFERENCE POUR CETTE OEUVRE :


Mémoires juive et éducation Les dernières lettres de Marie Jelen

Mémorial de Caen Histoire de Marie Jelen   

AJPN, Page consacrée à Marie Jelen

Mémorial de la Shoah, Page consacrée à Marie Jelen

 

France Inter Quatre bouts de pellicule arrachés de l’enfer

Georges Didi-Huberman, Images malgré tout, 2004, éditions de minuit 


SOUTIEN / SUPPORT :


Yad Vashem, Museums Division, Art Department, 2017 :

"We were very impressed with your work in preserving the memory of the Holocaust, and we thank you for introducing us with your art .
We will open you an artist's file at the International Archive of Holocaust Art, located in the Holocaust Art Research Center.
It will be accessible to curators, art researchers, historians and students interested in researching the subject."